In Amguel- la dysenterie

soleil030.gif

sahara-007-copie.jpg   Le 6 Avril 1964 j'écrivais :<< Les "bleus" arrivent à l'instant il y en a soit-disant 72 ils sont venus en super Constellation directement d'Allemagne où il y avait encore de la neige sur le sol, ils y ont fait leurs classes dans le froid et la boue , les prochains à venir pour moi seront les bons ils me reléveront>> . Les pauvres arrivèrent avec la tenue d'hiver sur le dos , on leur avait promis le soleil à l'arrivée après leur "crapahutage" dans une froidure éprouvante .  La porte de l'avion climatisé ouverte ce fut l'éblouissement et le choc thermique : 40° en plein soleil à cette époque au moins, avec sur le dos la lourde capote bleue marine par- dessus le gros blouson de même tissu, sous celui-ci une bonne chemise de toile et une cravate; pour habiller le bas le pantalon du même uniforme qui tenait bien chaud l'hiver et vous grattait les cuisses ; aux pieds de bonnes grosses chaussures noires. Franchement, ils détonnaient dans le paysage . Alignés sur la piste au pied de l'avion, ils furent passés en revue au garde- à- vous en plein soleil par des officiers en tenue légère, on leur souhaita la bienvenue , ils récupérèrent leur lourd paquetage puis s'en vinrent en rang jusqu'à l'escale, avant d'être emmenés dans des camions débâchés, jusqu'à  la base-vie,  à 6 kms de là .Ils étaient déjà cramoisis quand on les répartis dans les piaules et les lits libérés par les partants .  Après tout ce temps passé au soleil chaudement vêtus, chargés de leur paquetage avec à la main leur valise,épuisés et enfin libres, ils se mirent en slip et s'abreuvèrent copieusement malgré les conseils des anciens mais ils ne parvinrent pas à étancher leur soif . Dans notre box nous héritâmes d'un brave garçon qui haletait malgré les "humidos" qui tournaient , les douches prises et l'eau ingurgitée ; rien n'y faisait, il suffoquait et ouvrait de grand yeux étonnés  en nous voyant sous notre couverture qui nous protégeait les intestins la nuit, quand lui ne supportait même pas son drap . Dans les autres box et les autres bâtiments tous encaissaient les mêmes effets du dépaysement brutal .Bientôt leurs intestins se révoltèrent, la cavalcade commença dans les couloirs pour gagner le bâtiments des toilettes, quelques dizaines de mètres plus loin . Au début ils eurent le temps de se recoucher puis le transit s'accéléra , bien que n'ayant plus rien à évacuer , pris de coliques, ils repartaient en courant, sans avoir pu se recoucher, ou même gagner la porte, sous nos regards amusés la noria dura tard dans la soirée. Je subis le même sort, en moindre importance à mon retour de permission, en Mai 64.051-copie.jpg
La nourriture à l'ordinaire d'In Amguel n'était pas des meilleures, ni des plus copieuses, sur les 6 mois que je passais là-bas, venant d'Oran où l'on mangeait fort bien,  je perdis 5 kilogs , heureusement j'avais bénéficié d'un mois de perme . La bouffe arrivait par avions mais n'était pas prioritaire , la charge de ceux-ci était limitée l'été, ce qui n'arrangeait rien , le vin ou plutôt le vinaigre améliorait le goût de l'eau , les pilules de sel contre la déshydratation se trouvaient à l'entrée du self , certains n'en prenaient pas, leur peau se désséchait et devenait squameuse, leurs cheveux se couvraient de pellicules  . Pour le menu voici ce que j'écrivais le 24 Mai 64: << Je reviens de l'ordinaire , j'ai mangé quelques feuilles de laitue, à moitié pourries ou cuites par le soleil  et 5 dattes, avec un demi litre d'eau et un dé à coudre de vin pour en changer le goût, le tout sur quelques glaçons , j'aurai pu mangé les haricots vinaigrette à l'aspect inqualifiable et le morceau de boeuf noir à la mayonnaise tournée mais pouah !.... Je n'en n'ai pas eu le courage, il y avait bien aussi un petit fromage Nestlé mais il sentait le roquefort et avait une couleur peu avenante, alors j'ai mis le tout dans la poubelle et je suis rentré à la piaule grignoter du pain, des fruits et des biscuits>> . Les colis familiaux étaient les bienvenus mais comme le courrier, ils pouvaient mettre un certain temps à venir, alors attention! pas de camenbert . Il arrivait que le repas de l'ordinaire soit mangeable mais il fallait franchir quelques mètres à découvert entre le self et le réfectoire, là, les jours de vent, le sable se chargeait de pimenter le plateau , alors tout allait une fois de plus à la poubelle
.   Diapos du Hoggar de François Dubois  dans l'ordre : nomades ,sa 2 cv, l'oued In Amguel ,l'Assekrem, artisans du Hoggar


 
voyage-au-sahara-167.jpg

 voyage-au-sahara-156.jpg




 

            

 oued-in-amguel.jpgvoyage-au-sahara-071.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 voyage-au-sahara-162-copie.jpgvoyage-au-sahara-177-copie.jpg
 

 

 

 
 

 




7 votes. Moyenne 3.00 sur 5.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site