In Amguel, le Sahara vu du ciel



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sahara-019-2.jpg J'avais eu 20 ans le 31 janvier 1964, à la base aérienne 141 d'Oran la Senia . Je m'apprêtais à retenir une place sur un avion pour partir en permission six mois avant ma libération, mais celle-ci fut annulée . Je partis donc en renfort avec quelques autres pour In Amguel où devait avoir lieu un nouvel essai nucléaire . Ce trou, perdu dans le Hoggar, ne dit plus rien à personne; sauf à une poignée de vétérans regroupés au sein de l'AVEN, qui essaie de faire valoir le droit des victimes à une juste indemnisation . In Amguel perdu à 1000 mètres d'altitude se situe à 2065 kms au sud d'Alger . Le 5 Février alors qu'une journée magnifique se levait je pris à pied le chemin de l'aérodrome militaire au milieu des senteurs méditerranéennes très fortes le matin . Je ne devais plus les humer avant longtemps . J'embarquais sur un Dakota ou C47 datant des années 40 nous survolâmes l'Atlas pendant environ deux heures, les pics montagneux dépassaient la couche de nuages, le soleil levant rosissait leur surface moutonneuse . Nous arrivâmes enfin à Boufarik où je ratais le Breguet deux-ponts déjà parti . De très bonne heure le 8 février avec 4 autres militaires nous montâmes dans un Nord-Atlas qui venait de France avec une cargaison de "bouffe" arrimée au plancher , nous partîmes pour environ 6 heures de vol, les réservoirs pleins débordaient sur l'aile , les échappements crachaient le feu dans la nuit, il fut interdit de fumer, l'air sentait fort l'essence . Après le décollage nous traversâmes une épaisse couche de nuages formant de grandes vagues à sa partie supérieure, nous fûmes très secoués au-dessus de l'Atlas . Celui-ci franchi, le jour se leva splendide sur le désert . Nous pûmes admirer une succession interminable de dunes , des oueds asséchés et aussi qelques rares oasis , nous avons tournés autour de Laghouat , puis sont apparus de profonds canyons aux pentes en terrasses : impressionnant! vus d'en haut . Vinrent ensuite les premiers contreforts du Hoggar , des monts déchiquetés et d'énormes amoncellements de galets ,le tout éclairé par un soleil éblouissant . Le Hoggar est un vaste plateau rocailleux où In-Amguel est très isolé . La chaleur monta brusquement dans l'avion pendant la descente vers la piste d'atterrissage . La porte ouverte ce fut l'éblouissement; en hiver il fait chaud le jour mais froid la nuit , les chambres étaient  climatisées par des humidos refroidissant le jour et chauffant la nuit . Le plus emmerdant était le sable, on en trouvait partout, on en mangeait à tous les repas et on couchait avec . La végétation était  très maigre : quelques épineux et rares touffes d'une herbe dure et coupante, des squelettes d'arbres de place en place dans des oueds arides , sur la base-vie à 6 kms de l'aérodrome quelques palmiers nains et de rares plantes arrosées quasi chaque jour . Il y avait aussi des civils locaux appelés " Pelos " Soudanais,Touaregs, Arabes, enturbannés et crasseux, imperturbables à l'agression perpétuelle des mouches . Les femmes  étaient absentes du paysage , une fois par an, elles venaient rendre visite à leurs conjoints militaires de carrière, ça échauffait les esprits . Je fus affecté au BIA (bureau d'information aéronautique) au pied de la petite tour de contrôle, juchée sur une armature métallique, avec un escalier en colimaçon, infréquentable les jours de grand vent chargé de sable. Dans le même bâtiment, l'escale voyageurs et marchandises avec une grande salle d'accueil et un bar. Au milieu du bâtiment la salle de brieffing, où passaient les équipages et où se prenaient les décisions sur la date de l'essai nucléaire, avec conférences au plus haut niveau concernant la météo qui tenait guichet dans cette salle. Mon bureau était juste à côté près de la porte donnant sur le parking des avions, j'appris vite à enregistrer et à diffuser les plans de vols . Les équipages passaient me voir en arrivant et en partant. J'étais seul maître à bord dans ce bureau la relève faite, en liaison avec le sergent contrôleur dans sa tour. Je fus formé sur le tas, les quatres téléphones s'affolaient ensemble au temps des expériences nucléaires : des  responsabilités pour 40 centimes de franc par jour, avec une vue splendide sur la "bite à Camille"; (voir photo) juste en face du bâtiment

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Ermitage du père de Foucauld  -   Toutes les photos du Sahara de ce site sauf les photos militaires sont de François Dubois elles datent d'un voyage qu'il effectua là-bas en 2cv Citroën avec son ami Patrice Martin en Avril 1968                                                                                            

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